Alexandre Dufaye pose son regard comme on pose ses bagages. Longuement, en tête à tête avec son objectif, il saisit les contours d’impressions immédiates, de lieux familiers ou de paysages lointains. Qu’il s’agisse de portraits, de natures mortes ou de paysages …la contrainte narrative de la série stimule l’autonomie de chaque photographie. Ses séquences d’images sont pensées comme des architectures, et sa discipline dans la recherche d’imprécision révèle la distance qu’il souhaite imposer au monde réel. Son regard est ailleurs....dans ces interstices du temps où le voyage géographique rejoint le voyage intérieur et met à distance la recherche d’effet, car le flou qui parcours ses images n’est pas un flou d’effet. Tout au plus une lettre supplémentaire à son alphabet personnel. L’incarnation d’une autre dimension du regard au service de l’instantané. L’instant isolé est authentique et guide la trame des photographies d’Alexandre Dufaye vers une dimension picturale intuitive et habitée. Un temps qui imprègne le souvenir tandis que la matière s’en empare. Le voile pudique de noirs denses, de touches de lumière, de profondeurs mates et bleutées emporte alors le sujet dans un espace-temps qui devient texture.

L’image vit...

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